Le minéral pour remplacer le béton !

Publié le par Cristal

AISNE /
Un homme de pierre vers le Nobel

François chez lui à son moulin

 

Pour percer le secret de la nature, François Waendendries n'a pas hésité à vendre ses biens. Un pari fou !
 

Credits photos : ©journal l'Aisne nouvelle

Un Saint-Quentinois vient de percer le mystère de la nature. Il confectionne des pierres de façon naturelle, sans émettre de CO2. Une révolution !

 

En Picardie, on n'a pas de pétrole mais on a des idées. Ancien architecte à Saint-Quentin, François Wændendries vient de réussir l'impossible. Il a mis au point ce que personne n'avait même jamais osé imaginer. Il a réussi à copier le mécanisme de la nature et fait même mieux, plus vite qu'elle. Son secret : à base de savants mélanges naturels, il confectionne une pâte, qui en séchant se solidifie et se transforme en pierre.
Une technologie minérale innovante issue de la chimie douce, qui donne, selon les assemblages réalisés à température ambiante et sans consommation d'énergie, un produit comparable aux bétons, aux pierres, aux ardoises, aux calcaires, aux roches volcaniques…
Un procédé de surcroît au bilan carbone négatif et entièrement recyclable en fin de vie ! Une innovation révolutionnaire pour le développement durable, quand on sait que l'industrie des ciments est aujourd'hui la plus polluante.
Dans son bureau, le chercheur se plaît à citer Marcel Pagnol avec humour : « Tout le monde savait que c'était impossible. Il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l'a fait ».
Pour parvenir à ses fins, comme Bernard Palissy qui, au XVIe siècle, pour découvrir la porcelaine, a brûlé ses meubles, pour financer ses recherches François Wændendries n'a pas hésité à sacrifier ses biens.
A l'origine, une question le hantait. « Dans la nature, la pierre se constitue seule, comme les os du corps humain se fabriquent à 37°, les carapaces des animaux, les coquillages… J'ai toujours pensé qu'il y avait une solution naturelle pour agglomérer les minéraux. Mais comment copier la nature sans utiliser la chaleur ? » A titre d'exemple, pour fabriquer le verre, on fusionne des minéraux à 1 400°, pour le cristal on y ajoute encore 40 % de plomb et quelques degrés, des bilans carbone extrêmement lourds.
Un travail non-stop
Installé dans un petit moulin sur les bords de l'Oise, en 2005, pour créer la société Minéalithe, il s'associe avec ses fils et un physicien qui lui confie : « Si ça marche, c'est le Nobel ». Depuis, c'est 10 heures de travail, 7 jours sur 7. Aujourd'hui, le résultat est spectaculaire. « Il suffisait de remplacer la chaleur par des réactions chimiques, c'est une nouvelle science sans équivalent. » A ce jour, les inventeurs ont réalisé avec succès plus de 12 000 échantillons.
Leur secret : un liant en solution ionique de plusieurs phases minérales, puis une pâte par ajout de charges minérales solides, pour donner un mélange qui se solidifie naturellement et seulement en quelques heures. Un produit doté d'une résistance supérieure au parpaing et au béton et d'une porosité permettant la respiration.
Un liant naturel, sans ciment, sans plâtre, chaux ou colle d'origine synthétique, qui utilise des composants tenus secrets dans leur état naturel, sans émission de CO2 due à une pré-cuisson.


Du bâtiment aux prothèses
Un produit moulé comme du plâtre, résistant comme du béton, émaillé comme de la céramique, inerte comme du verre et incombustible comme un réfractaire, qui permet des réalisations moulées, coffrées, vibrées ou pressées d'objets pour la construction, mais aussi de recevoir par exemple des métaux en fusion et de les démouler sans problème… Et pourquoi pas dans un avenir proche des prothèses pour l'homme…
L'innovation est aujourd'hui brevetée en France, aux Etats-Unis, en Russie, et dans les semaines à venir le sera en Chine, au Canada, au Brésil… Reste maintenant à l'imposer sur le marché mondial pour l'exploiter et la rentabiliser industriellement.
« J'espère que notre procédé sera développé en France et plus particulièrement en Picardie. J'en ai assez de voir les inventions françaises partir à l'étranger et voir revenir les produits finis au détriment de notre balance commerciale. » Et de conclure : « A mon âge, je ne rêve pas de devenir millionnaire. Avec cette invention, on peut faire bosser des milliers de personnes, et c'est ça l'important dans le contexte actuel ».
Reste à croiser les doigts pour que ce procédé connaisse le succès et soit exploité industriellement. Qu'il ne reste pas lettre morte, comme il y a peu un défunt moteur à eau resté hélas au fond des oubliettes, sacrifié sous la pression du lobby des pétroliers.

 

230 000 €
Pour le caractère novateur du procédé et sa vertu écologique, la région a décidé d'accompagner Minéalithe dans son développement, grâce aux aides au fonds de roulement et au recrutement de cadre.
200 000 € à taux zéro sur 6 ans, avec une année de différé de remboursement, ont été accordés pour le fonds de roulement. Cette avance a été faite sous réserve d'un versement par les actionnaires de 400 000 € en fonds propres et de la non distribution de dividendes aux actionnaires pendant la durée du programme.
Une aide de 30 000 € a également été votée pour le recrutement d'un cadre docteur en sciences physiques pour les formulations, validations et recherches diverses, pour la mise au point de produits techniques, les débouchés industriels et écologiques.
Selon la Région, un important contrat est en vue avec le leader mondial des silico-aluminates.

 

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